jeudi 26 avril 2007

Non au dégel

C’est confirmé : d’ici septembre, le gouvernement Charest ira de l’avant avec son projet de hausser les frais de scolarité universitaire de 50 $ par trimestre au cours des 5 prochaines années. Une session coûtera donc 500 $ de plus en 2012. Considérant qu’une session à temps plein coûte actuellement un peu plus de 800 $ (sans compter les frais de gestion, évidemment), il s’agit d’une augmentation d’environ 6 % par année.

Étant en faveur de la gratuité scolaire, je suis en parfait désaccord avec cette décision.

Si, tel que le proposait l’Action démocratique pendant la dernière campagne électorale, les droits de scolarité étaient indexés à l’IPC (indices des prix à la consommation), je comprendrais. Mais là, je nage dans l’incompréhension la plus totale : on parle ici d’une augmentation trois fois supérieures à celle du coût de la vie.

En fait, je comprends une chose : c’est qu’à élire de petits politiciens, on se retrouve avec des petites politiques. Qu’à élire des politiciens populistes, on se retrouve avec des solutions faciles. Annoncer la hausse des frais de scolarité une semaine avant la fin de la session, c’est vraiment un cheap shot.

Certains me répondront (vous serez nombreux à le faire de toute façon) que les Québécois sont déjà ceux qui paient le moins cher pour aller à l’université et gnagnagna. C’est probablement l’argument le plus pernicieux des discours à saveur néo-libérale de nos recteurs et autres ministres de l’Éducation. D’abord, si nos voisins canadiens anglais et américains n’ont pas fait le choix d’investir dans leurs systèmes éducatifs, pourquoi devrions-nous faire de même ? D’autres pays (mais ils sont en Europe, c’est tellement loin…) ont fait le choix contraire et s’en portent plutôt bien. En fait, ils ne s’en portent que mieux : contrairement à nous, la plupart des étudiants, en France ou en Belgique, par exemple, ne travaillent pas pendant leurs études.

La solution au sous-financement des établissements d’enseignement post-secondaires ? Investir plus, tout simplement. Si l’éducation est le meilleur investissement possible au niveau individuel, pourquoi ce ne serait pas le cas au niveau collectif ? Déjà, des pays scandinaves comme la Suède et la Finlande ont compris l’importance de favoriser l’accès aux études supérieures pour concurrencer les économies émergentes dans les rares domaines d’activité dont ils n’ont pas encore perdu le contrôle. Mais je vous entends déjà maugréer: « Avec quel argent !? ». Nous sommes si pauvres, c’est bien connu… Allez, juste pour vous, je lance quelques pistes : Les surplus fédéraux (8 milliards en 2006-2007) ? L’armée ? Les institutions monarchiques (Gouverneure générale, lieutenants-gouvernemeurs…) ?

Mais j’y pense… N’y aurait-il pas moyen de récupérer ces sommes d’une façon ou d’une autre ?