Travailler dans une salle des nouvelles comme la mienne, c’est :
- Préparer sept bulletins de nouvelles en direct,
- En enregistrer trois autres qui seront diffusés en rotation de 19h30 à 5h du matin,
- Regarder simultanément trois chaînes de télévision,
- Surveiller les mises à jour d’une dizaine de sites Internet et de fils de presse,
- Écouter les réflexions sur l’actualité de Rémi, mon voisin de bureau,
- Répondre aux appels téléphoniques des agents d’information et autres porte-parole et tenter de m’en défaire le plus rapidement possible,
- Manger un sandwich et une soupe sur le coin de mon bureau,
- Contacter des sources qui, inévitablement, seront absentes à ce moment-là,
- Écouter la radio pour savoir si c’est à mon tour d’aller en ondes,
- M’excuser auprès de ceux qui m’appellent sur mon téléphone cellulaire parce que je n’ai pas le temps de leur parler,
- Écouter Rémi parler trop fort au téléphone main libre,
- Mettre à jour la page Nouvelles locales de notre site Internet,
- Voir Internet Explorer et Microsoft Word planter en moyenne trois fois par jour,
- Faire la conversation à ceux qui s’arrêtent à mon bureau en se rendant aux toilettes,
- Fouiller la poubelle de recyclage pour retrouver le Journal de Montréal du matin même,
- Réécrire les textes de mes collègues,
- Corriger les fautes de notre nouveau stagiaire,
- Mettre de côté les audio les plus amusants pour un montage éventuel à la fin de l’année,
- Prendre mes courriels,
- Boire beaucoup d’eau,
- Demander à Rémi pourquoi il rie trop fort depuis cinq minutes,
- Aimer ma job.
